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Les dosages hormonaux en abord de la mise-bas

Les dosages hormonaux en abord de la mise-bas

L’évènement déclencheur de la mise bas chez la chienne n’a pas été clairement mis en évidence. L’hypothèse généralement retenue est celle qui a été démontrée dans plusieurs autres espèces :

En fin de gestation, la maturation de l’axe hypothalamo-hypophysaire des fœtus déclenche une sécrétion de cortisol fœtal. Ce cortisol se retrouve dans la circulation maternelle et augmente la concentration en cortisol maternel. C’est cette augmentation du cortisol maternel qui est à l’origine de la sécrétion de prostaglandine F2α (PGF2α) (Concannon, 1986). Concannon et al. (1988) ont prouvé que l’augmentation de la concentration sanguine maternelle en PGF2α est à l’origine de la lutéolyse en fin de gestation chez la chienne. Les corps jaunes étant les seules structures productrices de progestérone chez la chienne, la progestéronémie chute à la suite de la lutéolyse. Cette chute de progestérone entraîne à son tour un pic de prolactine (figure 11).

Les quelques jours avant la mise bas sont donc marqués par des changements hormonaux importants. C’est pourquoi le suivi de ces hormones a été étudié comme prédicteur de la mise bas.

 Progestérone

L’évolution de la progestéronémie avant la mise-bas a été décrite par de nombreux auteurs (tableau 5).

Une valeur de progestéronémie inférieure à 3,18nmol/L permet de prévoir une mise-bas dans les 24 heures suivante avec une valeur prédictive positive (VPP) et une sensibilité de 100%. Ce résultat est intéressant dans le cas de césariennes réalisées avant le début de la mise bas. Une progestéronémie inférieure à 3,18nmol/L indique donc que la chienne aurait mis bas dans les 24 heures et que la césarienne peut donc être effectuée sans risque de faire naître des chiots immatures.

Par ailleurs, les valeurs prédictives négatives (VPN) sont très bonnes lorsque l’on veut prévoir la mise-bas dans les 12 heures suivantes. Ainsi, si la progestéronémie est supérieure à 15,8 ou 8,7nmol/L, il y a 99% ou 98% de chances que la chienne ne mette pas bas dans les 12 heures suivantes, respectivement. L’éleveur peut donc laisser la chienne sans surveillance pour les 12 heures suivantes sans inquiétude (et en particulier pendant la durée de la nuit). Malheureusement, les VPN ne sont pas aussi bonnes dans le cas de prévisions de la mise bas dans les 24 ou 48 heures suivantes.

RAPPEL :

attention de ne pas confondre nmol/L et ng/mL

1ng/mL = 3,2nmol/L

 

England et Verstegen (1996) ont testé un dosage semi-quantitatif similaire (Ovucheck® Premate, Kitvia, Labarthe-Inard, France). Dans 90% des cas (9 chiennes sur 10), le premier résultat de la catégorie « low » (correspondant à une progestéronémie de 1,5±0,3ng/mL) était obtenu la veille de la mise bas.

La chute de progestérone avant la mise-bas est donc très utile dans la prévision du moment de la mise bas. L’utilisation de plusieurs valeurs seuils permet d’obtenir de très bonnes précisions dans la prévision de la mise bas et de l’absence de mise bas. Enfin les dosages semi-quantitatifs sont intéressants lorsque le dosage quantitatif n’est pas disponible mais la prévision de la mise bas est moins précise.

Prolactine

Concannon et al. (1978) ont mis en évidence un pic de prolactine entre 8 et 32 heures avant la mise bas. Lors de ce pic la concentration en prolactine était augmenté de 73 à 327% par rapport à la moyenne de prolactinémie établie entre le 3ème et 5ème jour avant la mise bas. Le suivi de la prolactine avant la mise-bas pourrait donc être un prédicteur de la mise bas. D’autres études sont nécessaires pour évaluer cette possibilité.

Cortisol

Bien que l’origine du cortisol en fin de gestation chez la chienne ne soit pas élucidée, l’augmentation de la cortisolémie en fin de gestation a été observée par plusieurs auteurs. Concannon et al. (1978) décrivent une cortisolémie de 22,9±1,2ng/mL de 4 à 2 jours avant la mise-bas, puis un pic de cortisolémie s’élevant à 62,5±7,2ng/mL entre 8 et 24 heures avant la mise bas. Baan et al. (2008) observent aussi une augmentation du cortisol dans les 30 heures avant la mise-bas. De Cramer (2017) recherche une valeur absolue ou une valeur seuil de cortisolémie qui permette de déterminer le moment de la mise bas. Il observe lui aussi une augmentation du cortisol dans les 36 heures avant la mise bas, mais les valeurs de cortisolémie sont trop variables pour être prédictives de la mise-bas.

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